In memoriam Claude Safir

(Texte écrit pour un numéro de Vocation 2)

Les auteur(e)s de cet hommage ne pouvaient pas envisager la publication de ce numéro Vocation 2 sans évoquer la mémoire de Claude Safir, fondatrice de la revue Résonances. Claude Safir, Professeur.e émérite à l’Université Paris 8 nous a tristement et brutalement quitté(e)s le 5 septembre 2016. Angliciste et américaniste active, elle n’a cessé de promouvoir tout au long de sa carrière la culture, la littérature et la civilisation américaines en développant principalement les études de genre et les études afro-américaines tout en élaborant des cours initiant plusieurs étudiant(e)s et doctorant(e)s à ce nouveau domaine de recherches. Le chemin qu’elle a balisé au sein du département d’anglais à Paris 8 a été emprunté par de nombreux et nombreuses chercheurs et chercheuses. Claude Safir a activement collaboré avec le Centre d’Etudes féminines et Etudes de genre où elle a dispensé plusieurs cours. Son œuvre foisonnante englobait un travail de recherche pointu et fécond en science-fiction en corrélation avec la mythologie occidentale classique et la question du genre. Elle n’a cessé de clamer depuis le début de sa carrière que l’université française devait intégrer d’autres modes d’expressions et outils d’analyses afin de refonder les sciences humaines en général. Influencée par l’essor de la pluridisciplinarité aux Etats-Unis car elle a enseigné dans plusieurs universités américaines pour ne citer que quelques unes : University Graduate Center (New york City), Queens College (CUNNY), Claude Safir s’est impliquée pour la mise en œuvre de la pluridisciplinarité dans ses séminaires ou les thèses de doctorat qu’elle avait dirigées. En effet, son engagement faisait à écho à sa conviction de sensibiliser ses étudiant(e)s à l’égalité des sexes par les enseignements et l’éducation. Elle avait affirmé dans son travail de thèse de doctorat d’Etat que le genre et ses ramifications « offrent d’infinies possibilités pour mettre en œuvre la pluridisciplinarité dont il est question depuis fort longtemps dans l’éducation. Plusieurs cours sont offerts dans les universités américaines qui regroupent les disciplines des sciences sociales, de la psychologie, des littératures. Les étudiants y travaillent concrètement pour des réflexions de synthèse sur les perspectives futures de leur éducation, de leur environnement, des rapports sociaux ». Evoquer la mémoire de Claude ne peut se faire sans mettre en lumière son engagement de pédagogue avant gardiste, humble et généreuse qui espérait que l’accès de ses étudiant(e)s et à la culture et la littérature des auteurs femmes leur permettrait de mieux se saisir des enjeux de la question du genre et son impact sur leur vie. C’est cette transmission que nous avons souhaité mettre en avant dans cet hommage. Un inventaire de ses articles et publications révélera cette trajectoire de sa pensée qu’elle a tant espérée continuer à mettre en avant et qu’elle a veillée à concrétiser par la création de son équipe de recherches et revue Résonances. Rappelons qu’un immense travail était en cours sur Margaret Fuller entre autres. L’amitié et l’affection que la communauté des anglicistes et des études de genre ont eues à son égard reflètent la bienveillance et la gentillesse qui la caractérisaient. Claude Safir manquera à ses collègues, ami(e)s et étudiant(e)s.